Une envie saugrenue l’a traversé à Cannes, pendant la projection de son film, alors qu’il agonisait sur son fauteuil vers la cinquantième minute. Se lever et libérer les spectateurs d’un : «Ecoutez, les gens, on n’est pas obligé de rester, si on s’ennuie tous on peut s’arrêter ici !» Il en est charmant, drôle même, Nadav Lapid, de songer que la furie formelle de son Genou d’Ahed aurait pu emmerder qui que ce soit. Mais ainsi est le cinéaste israélien de 46 ans, dont l’histoire retiendra qu’il est reparti de Cannes avec un prix du jury : pétri d’angoisses davantage qu’empli de certitudes. Et bien plus doux, en vrai, que ne laissait attendre sa cohorte de personnages virilistes et ses charges vitupérantes contre Israël, courtois aussi, presque fragile, juvénile dans son tee-shirt noir, attablé dans un troquet du XVIIIe arrondissement de Paris, où il loge désormais avec sa femme et son fils, dans l’attente d’emménager près de Bastille. Il veut offrir à ce fils «d’autres possibilités d’existence qu’Israël», au moins pour quelques années, car il vit son pays natal «comme une sorte de piège», où les conditions de vie – historiques, linguistiques, quotidiennes – martèlent à ceux qui grandissent là-bas que «seuls les Israéliens peuvent vous comprendre». «Je voulais le vacci
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Nadav Lapid : «A force d’être en combat contre tout, vous ne voyez plus les choses»
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Grand inquiet, le cinéaste, qui a quitté Israël pour Paris, a découvert une liberté nouvelle en auscultant le sentiment de culpabilité d’un personnage qui lui ressemble.
Nadav Lapid au Festival de Cannes, le 7 juillet. (Lucile Boiron/Libération)
Publié le 14/09/2021 à 18h57
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