Dans un quartier de Damas en état de siège, déserté par les habitants, une famille refuse d’abandonner son appartement et survit retranchée à huis clos, bientôt seule dans l’immeuble qu’un missile transforme en demi-ruine. «La maison va bien !» s’obstine à affirmer le patriarche en pure perte, s’acharnant à colmater les murs éventrés, récupérer l’irrécupérable sous le regard alarmé de sa femme et sa fille de 14 ans. Syrienne en exil, Soudade Kaadan a voulu rendre le film de guerre à la tendresse et à la cocasserie : ainsi filme-t-elle l‘optimisme à toute épreuve, la méthode Coué des fanatiques de l’espoir. Au-dessus de la tête de ses personnages, dans les trous béants qui transpercent le toit, elle fait entrer la lumière, les émois fleur bleue d’une romance adolescente sous les étoiles, des effets poétiques gentillets. Peu de films ont abordé le conflit syrien sous l’angle de la fiction jusqu’ici. On trouvera en Nezouh, tourné en Turquie, plus de cœur que de subtilités, et la fragilité des récits qui ouvrent la marche.
Vite vu
«Nezouh», un peu d’espoir sous les ruines de Damas
Avec cette tragicomédie sur une famille syrienne qui refuse de quitter son appartement sous les bombes, Soudade Kaadan tente d’arracher le film de guerre au registre lugubre.
«La maison va bien !» s’obstine à affirmer le patriarche en pure perte. (Pyramide Films)
ParSandra Onana
Publié le 20/06/2023 à 23h36
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