«Et maintenant, on pourrait faire quelque chose de plus structuré ?» Il est 11 heures dans le XVIIe arrondissement de Paris et la photographe tente de canaliser l’énergie démente des trois comédiennes du sublime All We Imagine as Light, grand prix au dernier Festival de Cannes. Le tube de rap marathi Taambdi Chaamdi balance des lakalakalakalaka depuis l’enceinte posée sur la table et, entourant la cinéaste Payal Kapadia devant l’objectif, Kani Kusruti, Divya Prabha et Chhaya Kadam n’arrêtent pas de se marrer et danser. Elles sont à peu près telles qu’on les avait laissées sur le tapis rouge en mai : irradiantes, complices, décidées à fêter chaque minute de leur participation au premier long métrage de fiction de la cinéaste indienne. Au diapason du film, donc, patiente construction d’une sororité qui tient lieu d’idéal, et dont la beauté leur appartient autant qu’à la cinéaste. Quand les quatre femmes finissent par prendre place sur le canapé, c’est pour répondre avec franchise et intelligence à toutes les questions, laissant jaillir au passage d’énormes éclats de rire.
Quelle est l’origine du projet ?
Payal Kapadia : Je voulais parler de Mumbai depuis la perspective des femmes qui y travaillent. Comme toutes les grandes villes, Mumbai est un lieu plein de contradictions




