Des miracles, à Cannes, il y en a. Le cinéma de ces jours-ci, symptôme de l’époque ou hasard, ressuscite à tour de bras : aux hérésies anti-biologiques du Benedetta de Verhoeven, aux animaux réanimés par la guérisseuse de Clara Sola de Nathalie Alvarez Mesén, succède, dans Piccolo Corpo de Laura Samani, la quête d’Agata (Celeste Cescutti), qui remonte la Vénétie et le Frioul, des rivages de l’Adriatique aux sommets des Alpes juliennes, dans l’espoir d’atteindre un sanctuaire où se produirait l’impossible. Le film a lieu vers 1900, dans cette région de plusieurs langues, polyphonie frioulane et slovène, aux derniers confins de l’unification italienne. A la fin, c’est toujours la géographie qui gagne (dicton piqué au Genou d’Ahed de Nadav Lapid, un film de désert résolument sans miracle), et le cinéma qui se repose sur elle, suit ses limites et linéaments, a toutes les chances de s’en sortir. C’est ce que fait ce premier film, dont l’autrice est née à Trieste en 1989. Piccolo Corpo («petit corps») a
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«Piccolo Corpo», ceci est mon sort
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Fable itinérante à travers l’Italie, le premier film de Laura Samani confronte la quête d’une mère endeuillée à l’ambiguïté de genre d’un brigand.
Laura Samani signe un road movie tragique dans l'Italie du début du XXe siècle. (ARIZONA DISTRIBUTION)
ParLuc Chessel
Publié le 13/07/2021 à 7h00
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