En 1993, Gianfranco Rosi signait son premier film documentaire, un moyen métrage filmé en noir et blanc sur le Gange à Bénarès, Boatman (le Passeur), une heure sur une des barques qui promène les touristes aux abords des ghats (ces ensembles de marches le long du fleuve) où se déroulent ablutions et rites funéraires. D’emblée, Rosi établit sa méthode d’une observation esthétisée, sans volonté didactique, l’œil piochant tout ce qui heurte et ravit sans en donner le contexte ou la généalogie. Aujourd’hui, trente-deux ans plus tard et six longs métrages réalisés (dont Sacro GRA, lion d’or à Venise en 2013), Pompei, sotto le nuvole renoue avec les débuts du cinéaste, son attrait pour le tenebroso élégiaque et l’espèce d’arrière-fond mythologique que la caméra saurait entrebâiller derrière les scènes de la vie quotidienne. On saute de Bénarès et la structure dérivante, horizontale du fleuve à Naples, ville qui ici est structurée par la double verticalité des jets de flammes et cendres du Vésuve et le creusement de galeries souterraines des pilleurs de tombes découvrant sous la ville les vestiges et splendeurs de cités anciennes.
Rimes visuelles
Naples ici ne connaît pas le soleil, ni l’effervescence d’une cité populeuse. R




