Est-ce bien raisonnable de voir des films de Noël après Noël ? Sur le papier, c’est aussi déprimant que de finir la dernière rangée du calendrier des mini-saucissons de l’Avent. Mais on vous garantit une expérience digne d’un film de SF : ce rapport étrange au temps, désarticulé, dans ce fameux trou noir entre les deux réveillons, où on ne sait plus vraiment quand on est, s’il faut éteindre les guirlandes électriques. Et les plateformes ne nous aident pas, dégainant un mois avant la date enguirlandée leurs films de Noël souvent tournés au printemps. Cette année, elles nous font un lot de mamans américaines dévouées à leurs enfants et injustement désœuvrés, revendiquant le droit au bonheur et à un pull de Noël moche.
«My Secret Santa», sur Netflix
D’abord, on a les films façon fast fashion, qui vous tapent dans l’œil sur la photo du site mais dont les coutures éclatent lorsque vous les essayez. My Secret Santa de Michael Rohl est un truc en synthétique avec 10 % de Madame Doubtfire et de Tootsie dedans. Une mère chômeuse (Alexandra Breckenridge, vue dans un paquet de séries, de This is Us à The Walking Dead) se grime en faux barbu pour postuler à un job de père Noël dans une station de ski et payer les leçons de snowboard de sa fille. Elle y sème un trouble gentillet en improbable patriarche bienveillant à qui enfants et âmes esseulées se confient et en sex-symbol scénescent pour sa propriétaire. Le potentiel subversif («j’aime les sapins», s’écrie-t-elle lorsqu’ell




