C’est littéralement les Valseuses à lui tout seul – l’électricité confuse de Dewaere, le bouillonnement glouton de Depardieu. Avec, peut-être, un trait de Benoît Poelvoorde, de vagues réminiscences du jeune Magimel. Mais il y a autre chose chez Raphaël Quenard qui touche à l’inédit, l’indéfinissable. Qui le fait invariablement exploser dans tous ses rôles, mêmes infimes. Ses cheveux fous, ses digressions, ses phrases tantôt diluées, tantôt oblongues. Cette voix, qui sonne comme l’agonie d’une trompette superposée à un coup de frein, la voix d’un enfant qui aurait mille ans – tonalité naturelle que beaucoup prennent à tort pour un accent. Plus largement, cette façon particulière d’occuper l’espace, de donner l’impression dès le premier regard qu’on l’a croisé cent fois. Le genre de type qui, avec un tablier ou un bleu de travail, peut s’infiltrer partout, sans clé ni badge. C’est précisément ce qui a poussé Raphaël Quenard, à devenir acteur – l’envie de se transformer, de multiplier les expériences. L’impression qu’il y avait quelque chose de peu naturel à vouloir se contenter d’une seule vie. «J’ai beaucoup de fascination pour ces profils que d’
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Raphaël Quenard fait jeu de tout bois
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Le jeune acteur à la présence captivante, jusqu’alors abonné aux courtes apparitions, trouve un premier rôle à sa hauteur dans «Chien de la casse».
Raphaël Quenard à Paris le 14 avril 2023. (Laura Stevens /Libération)
Publié le 19/04/2023 à 6h41
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