Un dernier film avant la fin du monde ! Un dernier geste insensé qui déchire le ciel de nos imaginaires, embrassant tout ce qui a pu nous faire frémir à la lueur d’un immense écran. Le stupéfiant Résurrection, nouveau film du prestidigitateur chinois Bi Gan, 36 ans, se consume dans l’élégie d’un monde passé, celui du cinéma, du siècle qui fut le sien et le nôtre, irrémédiablement en train de basculer dans les eaux sombres de l’oubli. Qu’y a-t-il à sauver ? Des images inouïes, advenues dans l’esprit d’humains encore capables de rêver, cinéastes et spectateurs, visions fugaces qui se déploient sous nos yeux pendant les deux heures quarante du film (à peine un claquement de doigts) et que l’on tente vainement d’attraper au passage, comme depuis la fenêtre d’un train défilant à toute vitesse : un écran de cinéma se trouant par le milieu, laissant voir sa foule de spectateurs nous surprendre au travers de la béance. Une main immense descendant, démiurge, pour déplacer les décors d’une maison d’opium où ondoient des personnages. Un lever de soleil qui signe la disparition déchirante d’un couple d’amants, au terme d’un étourdissant plan séquence dont Bi Gan a le secret – et qui nous a, perfide, laissé imaginer un instant
Critique
«Résurrection» de Bi Gan, rêves party
Réservé aux abonnés
Tourbillon de mirages et métamorphoses, le stupéfiant film du cinéaste chinois est une élégie pour un monde qui disparaît.
La superstar de boys band Jackson Yee saute d’un rêve à l’autre, ses songes lui faisant endosser l’habit de divers personnages archétypes au cours de six chapitres. (Les Films du Losange)
Publié le 09/12/2025 à 16h14
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus