Martin Scorsese voit en lui un contrebandier. Il l’a dit et écrit, pourquoi ne pas le croire ? Il fut après tout avec Bertrand Tavernier et Philippe Garnier l’un des ardents défenseurs du quatrième borgne de Hollywood, à une époque où la critique ne jurait que par les trois autres – John Ford, Fritz Lang, Raoul Walsh, auxquels on ajoutera aussi Nicholas Ray –, tenant en somme André De Toth (1912-2002) pour un habile faiseur du cinéma hollywoodien, un artisan efficace de séries B honnêtement troussées.
Sûr qu’avec son bandeau de pirate dissimulant son œil mort, l’immarcescible Magyar en avait l’allure baroudeuse, la truculence roublarde, le charme bourru qui en impose. Mais c’est d’abord à sa façon d’injecter une tonalité personnelle et subtile à des productions fidèles aux codes des genres dans lesquels il œuvra – film noir, western, aventure, guerre, espionnage, mélodrame, et même thriller horrifique (l’Homme au masque de cire en 3D, qui inspirera Bava) que son cinéma r




