La maternité dans les prétoires inspire le cinéma, et l’on pense forcément au récent Saint Omer d’Alice Diop, sur le procès d’une mère infanticide, en découvrant le film de Béatrice Pollet. Une femme est ici accusée de tentative d’homicide sur son nouveau-né, mis au monde une nuit de sidération dans sa cuisine, et abandonné dans un sac-poubelle sans qu’elle semble en garder souvenir. De son incarcération au procès, le film inspiré de faits réels se penche sur le déni de grossesse, manière d’introspection sur ce qu’enfanter veut dire dans une société prompte à diaboliser les mères «sorcières» ou Médée. Le vertige se loge dans l’incertitude quant au discernement de l’accusée (leurrée par son corps, ou excellant à leurrer tout le monde ?), mais la cinéaste finit par le dissiper, désireuse d’absoudre sans ambiguïtés son personnage. Le dossier est instruit, mais la fiction semble de fait ramenée au rôle de support didactique sur un phénomène tabou, comme dépouillé de ses contradictions.
Vite vu
«Toi non plus tu n’as rien vu», perdue en mère
Dans un film un peu trop didactique, Béatrice Pollet suit le procès d’une mère soupçonnée de tentative d’infanticide.
Le film, avec Géraldine Nakache et Maud Wyler, est inspiré de faits réels.
ParSandra Onana
Publié le 08/03/2023 à 1h39
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