Premier film français frappé du label Cannes 2020, Vaurien fait un pari assez étrange, celui de s’arrimer à un personnage totalement négatif : Djé (Pierre Deladonchamps, habitué depuis les Chatouilles au rôle de prédateur) est un vagabond tout juste sorti de prison et qui n’a qu’une idée en tête, harceler, parfois violer et tuer, les femmes qui se présentent sur son passage. Dès la scène inaugurale, assez prometteuse car découpée dans le vif, le malaise est là, celui de ne pas comprendre à qui on a affaire. Malheureusement, la question ne sera pas creusée, le film ne semblant jamais prendre la mesure du personnage sans excuse qu’il a créé : ses actes – relégués hors champ – ne dérangent en rien le film plus «social» qui se déroule sans accroc (petits boulots, idylle au squat, violences policières), et donnent l’impression d’une schizophrénie désagréable et gratuite. Notons tout de même la présence au casting d’Ophélie Bau (découverte dans Mektoub My Love) dont l’apparition en squatteuse épanouie impressionne et réchauffe.
Critique
«Vaurien» de rien
Construit autour du personnage détestable d’un vagabond violeur et tueur de femmes, le film reste en surface et ne se départit pas d’une impression de malaise et de gratuité.
Le film ne semble jamais prendre la mesure du personnage sans excuse qu’il a créé.
Publié le 09/06/2021 à 2h03
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