Essoré après Wicked, on aborde cette seconde partie avec suspicion : est-on prêt à refaire un tour de manège avec la version grand écran de la comédie musicale, préquel révisionniste du Magicien d’Oz ? Imperméable aux chansons, que va-t-on retirer des déclarations d’amour entre les meilleures amies/ennemies Elphaba (Cynthia Erivo), la vraie gentille et fausse méchante sorcière de l’Ouest, et Glinda (Ariana Grande), la trop rose bonne sorcière du Sud ?
A notre étonnement, cette suite est sobre par comparaison, intime, expédiant les scènes de foule et les chorégraphies bondées et regardant ce que tout le monde attendait à travers le petit trou de la serrure : l’irruption de l’héroïne du Magicien d’Oz, Dorothy, montrée seulement hors-champ, de très loin ou via son ombre (à couettes, donc très Judy Garland du film de 1939), est traitée comme une note de bas de page, pour ne pas détourner l’attention du virage très sombre de l’intrigue, sorti de l’ornière des harrypotteries du premier volet.
Barbie porte-voix d’une dictature
La paria Elphaba est seule, envers et contre tous, dans son combat pour exposer la duplicité du Magicien, charlatan et démagogue opprimant la popula




