«Je fuis l’animal-spectacle», déclare Eliane de Latour. Façon de bien avertir que le film ne sera pas animalier, mais plein d’âme, accotant l’ancestral et la modernité, l’animisme et l’antispécisme, l’art pariétal et l’écoféminisme, passé sauvage et actualité du désastre climatique. Avec une minutie des gestes médecins, des études au pinceau ou de la recherche scientifique, la grandeur des animaux et cette beauté vue de si près qu’on ne peut s’en détacher forment la tectonique documentaire d’Animus femina, glissements vivants et vocations presque franciscaines.
Douée de son regard d’anthropologue, Eliane de Latour réalise des films qui vont de la clôture aveugle en mélancolie verlainienne (Si bleu si calme, 1996, recueil de journaux filmés de détenus à la prison de la Santé), à l’ouverture maximale comme ici des quatre veilleuses vaillantes, guettant l’hori




