Menu
Libération
Roman

Federica Manzon, destins triestins

Réservé aux abonnés

Un père à éclipses, une île titiste et un amour fou dans «Retour à Trieste», ville au carrefour de trois mondes.

Mémorial de guerre sur le front de mer à Trieste, en 1997. (Erich Hartmann/Magnum Photos)
Publié le 23/01/2026 à 13h35

Il faut connaître Trieste pour comprendre la ligne de force de ce roman. Ou alors se précipiter sur une carte et découvrir où cette ville à nulle autre pareille se situe : au bord de l’Adriatique, à l’extrême nord-est de l’Italie, quasi enclavée dans la Slovénie, à quelques encablures de la frontière croate. Ville étrange et bouleversante, au carrefour de trois mondes : latin avec l’Italie, germanique avec l’Autriche dont elle fut longtemps le seul débouché maritime, et slave avec la Slovénie. Trieste est la véritable héroïne de ce formidable livre de l’italienne Federica Manzon qui, depuis longtemps, portait cette histoire d’amour et de guerre en elle.

La guerre, c’est celle générée par l’éclatement de la Yougoslavie. Alma, l’autre héroïne de cette histoire, ne vit plus à Trieste qu’elle a quitté quelques années plus tôt pour Rome où elle travaille comme journaliste. Elle a fui une famille compliquée et un amour déçu qu’elle ne parvient pas à oublier. Elle revient à Trieste après la mort de son père pour régler la question de l’héritage.

Habillée par le père en petite pionnière

Son père a longtemps été l’amour de sa vie. «Un épouvantail blond qui apparaissait à l’horizon sans crier gare. Grand et droit, auréolé d’un

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique