Le génial Pános Koútras, inestimable auteur excentrique de l’Attaque de la moussaka géante, de la Vie véritable, de Strella et de Xenia, chefs-d’œuvre de série Z (zèdissime) à l’autodérision queer mâtinée de tragédie grecque, a encore frappé. Il est à Cannes, en avant-première, et en costard lamé à gogo, avec Dodo, film-volatile, sitcom au stade terminal. Film qui semble appartenir, comme l’oiseau qui fait inexplicablement irruption en son centre, à une espèce disparue depuis longtemps, ou peut-être pas encore apparue. En tout cas une espèce de synthèse, rêvée par un ordi dada. Sans doute un peu décevant pour ses sectateurs habituels, mais acceptable par tout spectateur, le nouveau Koútras tricote de complexes histoires de famille, sur le double mode du douzième degré et de l’émotion théâtralement pure : c’est la définition du camp, bien qu’ici, un peu malgré lui, le premier prenne l’avantage au détriment de la seconde. On fait un peu dodo, mais restera cette volaille numérique hilarante, détournée de Lewis Carroll. Comme disait Tristan Tzoro, Dodo est dans tout, tout est Dodo.
Vite vu
Pános Koútras fait un petit «Dodo»
Le cinéaste signe un film toujours camp mais moins inspiré que ce à quoi il nous avait habitués.
Le nouveau Koútras tricote de complexes histoires de famille, sur le double mode du douzième degré et de l’émotion théâtralement pure. (Pyramide films)
ParLuc Chessel
Publié le 27/05/2022 à 18h05
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