Plus on s’enfonce dans les méandres de l’aventure du marin portugais Fernand de Magellan (vers 1480-1521), plus la figure centrale du héros intrépide bravant l’inconnu pour trouver le passage permettant de rejoindre les convoitées Moluques, îles aux épices et aux girofliers qui en ce début de XVIe siècle valent de l’or, s’efface au profit de personnages secondaires d’autant plus fascinants qu’ils n’ont eu le droit à aucun prestige particulier, ni statue ni nom donné à un détroit. C’est par exemple cet ami de Magellan, Francisco Serrão, Portugais définitivement installé sur l’île de Ternate (actuelle Indonésie) où il épouse une autochtone, fait du commerce et vante par lettre les climat et végétation paradisiaques qui lui ont fait renoncer définitivement à revenir au pays. Il y a aussi Henrique, l’esclave personnel de Magellan, acheté au cours d’une campagne guerrière aux Indes en 1511, natif de Sumatra et parlant le malais, ce qui lui donna une fonction d’interprète au cours de la circumnavigation à la recherche de la voie d’accès alors inconnue entre l’Atlantique et l’océan Pacifique. On pourrait citer aussi le destin hallucinant de ces marins, gradés ou non, faits prisonniers sur l’île de Cebu aux Philippines puis revendus comme esclaves à la Chine contre des récipients de cuivre.
Scorbut et «eau infecte»
La sortie du film Magellan de Lav Diaz remet en avant les tribulations de l’explorateur. Ainsi, Arte a remis en ligne un passionnant documentaire en quatre parties de François de Riberolles




