Une célébration en ronde, où fusent les cris de joie, comme volée à la fatalité par ces treize villageois. La scène quasi atemporelle, tirée du spectacle Gathering, fait éprouver l’intensité de ces moments éphémères. «Chaque instant est à saisir, car tout peut disparaître celui d’après, confie la chorégraphe Samar Haddad King. Nous, Palestiniens, avons appris cela.» L’artiste, qui a grandi en Alabama, étudié à l’Ailey School de New York, puis vécu en Palestine, fait référence ici, entre autres, aux conditions de travail de sa compagnie «Yaa Samar ! Dance Theatre». Fondée en 2005, elle compose, entre New York et la Palestine, avec nombre d’obstacles, jusqu’à parfois devoir répéter par SMS. Créée aux Etats-Unis en 2024, la pièce Gathering est donnée pour la première fois en Europe, grâce à l’aide des huit scènes nationales de Nouvelle-Aquitaine, qui soutiennent ce spectacle en le coproduisant et le diffusant.
Cette impermanence contrainte qu’évoque la chorégraphe, Gathering l’aurait retournée pour pouvoir exister et voyager. Car ce spectacle, mêlant danse et monologues, est malléable, se transformant au gré des lieux où il se joue. Il agrège aux sept danseurs de la compagnie six «locaux» – ici, des artistes palestiniens, arabes et français installés en Europe –, et ouvre son cercle au public, invité à agir dans la fiction. La dramaturgie elle-même travaille la question du mouvement, faisant s’entrechoquer l’instabilité, quand elle anéantit, et




