Un des passages qu’on aime beaucoup, dans le spectacle de Guillermo Guiz, est celui où il parle du tatouage raté qui lui barre le biceps : «It’s all in the game». D’abord, parce que cette phrase calligraphiée sur son bras lui a été inspirée par une réplique du personnage d’Omar Little, gangster mythique de la série The Wire – preuve s’il en est de l’empreinte laissée dans les chairs et les mémoires par son interprète Michael K. Williams, dont on apprenait la mort il y a à peine un mois. L’autre raison tient dans la grimace affligée avec laquelle l’humoriste confesse ne plus assumer le tatouage aujourd’hui, en même temps qu’il l’expose à la ronde façon mortification publique. Faute de goût, tocade de jeunesse, démonstration de virilité en toc, nous avoue-t-il, avec une cerise sur le gâteau : «Je me suis refait la série récemment, et en fait, la réplique dit pas exactement ça… C’est comme vouloir citer Martin Luther King, et finir avec un tatouage “I have a DEAM.”» Si d’aventure, un spectateur complètement étranger au stand up se trouvait dans la salle, ce moment d’exhibition contrite fournirait une bonne clé de compréhension de la discipline. Première étape, aller chercher une source d’embarras indélébile, que le bon sens commande de taire en public. Deuxième étape, remonter sa
Critique
Guillermo Guiz, en verve et contre tous
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L’humoriste belge alterne dans son deuxième spectacle, «Au suivant», interrogations sur la masculinité et petites infâmies bien enrobées.
Guillermo Guiz batifole au ras de l'incorrection. (Helene Pambrun)
ParSandra Onana
Publié le 04/10/2021 à 6h58
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