Une semaine après avoir découvert dans la presse la nouvelle cure d’austérité et la profonde réorganisation mise en place par le PDG d’Ubisoft, Yves Guillemot, les syndicats du géant français du jeu vidéo font aujourd’hui front commun pour annoncer trois jours de grève, les 10, 11 et 12 février.
Au Syndicat des travailleureuses du jeu vidéo (STJV) et Solidaires, traditionnellement en pointe de la contestation sociale, se joignent la CFE-CGC, la CGT et le Printemps écologique, tous vent debout contre un nouveau plan d’économie de 200 millions d’euros et la suppression du télétravail qui venait d’être renégocié.
«Obsession anti-télétravail»
Contrairement à ce que pouvaient anticiper les syndicats il y a une semaine, la France ne sera pas épargnée par les réductions d’effectifs. Ainsi, a-t-on appris lundi, la direction ambitionne de se séparer de 200 des 1 100 travailleurs installés au siège de Saint-Mandé (Val-de-Marne) par le biais d’une campagne de ruptures conventionnelles collectives. Réservé aux salariés volontaires en CDI répondant à des critères définis avec les syndicats, ce dispositif prévoit un départ de l’entreprise assorti d’une indemnité, négociée entre la direction et les élus du personnel, et du maintien des droits au chômage.
L’intersyndicale qui appelle à «une grève massive et internationale», dénonce «une obsession anti-télétravail» de la direction, perçue comme un moyen détourné de pousser les salariés au départ en dégradant leur condition de travail. Autrefois unanimement soutenu par ses salariés, le PDG Yves Guillemot est maintenant accusé de «n’assumer aucune conséquence» de la gestion «catastrophique» d’un groupe en chute libre à quelques mois de fêter ses 40 ans.
Production réduite
Depuis 2020, Ubisoft s’est séparé de plus de 3000 salariés, a fermé quantité de studios (San Francisco, Osaka, Leamington au Royaume-Uni, Stockholm et Halifax au Canada) et son cours de Bourse n’en finit plus de s’effondrer. Le géant, qui sortait autrefois des dizaines de jeux par an a vu sa production se réduire drastiquement. Le 21 janvier, Guillemot annonçait encore la suppression de six projets en cours de développement.
Un premier mouvement spontané de débrayage d’une demi-journée avait été mené au studio parisien d’Ubisoft au lendemain de la prise de parole du PDG.




