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Photographie

Karimeh Abbud, «lady photographer» : objectif Palestine

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Des clichés retrouvés, datant de 1893 à 1940, de celle qui fut sans doute la première femme photographe professionnelle au Proche-Orient.

Photographie de Karimeh Abbud. Palestine, 1927. (Karimeh Abbud)
Publié le 05/12/2025 à 16h24

Elle signait ses photos en arabe et en anglais de ces quatre mots : Karimeh Abbud, lady photographer. Le «lady» était important à l’époque, entre 1915 et 1940 dans la Palestine d’avant la Nakba (la catastrophe) qui marqua l’exil des Palestiniens à la création d’Israël, car les photographes étaient alors essentiellement des hommes. Karimeh Abbud fut sans doute la première femme à exercer ce métier en Palestine et au Proche-Orient.

Le chercheur Ahmed Mrowat, fondateur et directeur des Archives palestiniennes à Nazareth, retrouve la trace de Karimeh Abbud un jour de l’été 2006 où, feuilletant un journal en Israël, il tombe sur une annonce formulée en ces termes : «Toute personne disposant d’informations sur une photographe ayant travaillé à Nazareth et sa famille est priée de me contacter au numéro indiqué.» Mrowat ayant entrepris de rassembler le patrimoine photographique palestinien, il contacte le collectionneur israélien qui refuse de lui dire la provenance de ce trésor mais lui apporte à Nazareth quatre albums de taille moyenne contenant des photos de Karimeh Abbud afin qu’il puisse les consulter. Mrowat tombe sous le charme de ces photos qui tranchent avec celles des photographes de l’époque qui se concentraient sur les paysages, les antiquités ou les lieux saints. Abbud, elle, photographie des femmes, des enfants, des hommes, dans leurs habits traditionnels ou pas, posant certes devant son objectif mais avec un naturel, une spontanéité qui leur donne

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