On avait laissé Robert Guédiguian en 2017, avec la Villa, sur une réplique de vieux con paradoxalement émouvante. Quatre films plus tard, on le retrouve enfoncé plus avant dans la même ornière que son personnage de l’époque, campé alors par Darroussin. Que s’est-il passé pour que son «c’était mieux avant» nostalgique s’aggrave en pareil «tout fout le camp» ? Si huit ans de survie sous le macronisme, son libéralisme autoritaire, valent comme circonstance atténuante au désespoir, l’acide tourne un peu trop amer. Conte cruel, la Pie voleuse (déjà le titre hérisse vaguement la plume) est choral et moral autour de Maria, jouée par Ariane Ascaride, aide à domicile qui arrondit les fins de monde en piquant de l’argent aux personnes dont elle s’occupe, pourtant avec amour et à L’Estaque. Quand le fils d’un de ses «vieux» s’aperçoit que les chèques en blanc de son père – campé par Darroussin – servent à louer en douce un piano au petit-fils de Maria, la lutte des classes s’intensifie. Sous couvert, à la Jean Renoir ou à la
Critique
«La Pie voleuse», de Robert Guédiguian : balance ton Vieux-Port
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Pensé comme un conte social où une aide à domicile abuse financièrement des personnes qui l’emploient à Marseille, le film de Robert Guédiguian multiplie les scènes malaisantes, quitte à tomber dans la caricature sexiste.
Dans «la Pie voleuse», Ariane Ascaride incarne Maria, une aide à domicile. (Matteo Severi/Agat Films)
ParLuc Chessel
Publié le 28/01/2025 à 16h00
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