Peu de paroles, aucune explication, mais la densité de la forêt, eau et mangroves emmêlées. Une très belle jeune femme au regard profondément triste, assise en naïade au bord du ressac, sur une plage du Pacifique, au Mexique. La jeune femme, Ina Marija Bartaite, est immobile. Les bruits des animaux, les pas de course d’un alligator, des tortues qui enfouissent leurs œufs dans le sable, le vol d’un vautour, et encore le ressac. Mais la jeune femme s’est éclipsée. La voix off de Bartas annonce sans effusion sa mort. Le film ne dira rien sur les causes de ce décès, dû à un chauffard en Lituanie. Laguna, le quatorzième long métrage du cinéaste Sharunas Bartas, est un film mausolée. Un film de deuil, qui capture, comme tous les films de Bartas, ce qui échappe à l’œil nu faute d’attention, mais qui constitue la magie particulière de son cinéma.
En 2010, Libé faisait le portrait de Bartas
C’est Ina Marija qui a fait découvrir à son père cette terre sauvage du Mexique. Elle y tournait un film comme actrice. Elle y passa ensuite un long temps avec lui, à se promener, se fondre dans les paysages. On ne saura guère plus sur la jeune femme, à part qu’elle aimait «la nature et les animaux». L’image d’après montre une fillette, Una Marija, sœur cadette, que le cinéaste a fait venir dans ce qu’e




