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«Les Maisons de sel» de Hala Alyan : Jaffa à jamais

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Les heurts, bonheurs et malheurs de quatre générations d’une même famille palestinienne, éclatée à travers le monde de 1963 à l’aube des années 2020.

Hala Alyan à Brooklyn, New York, en mai. (Kholood Eid/Guardian. eyevine. Bureau233)
Publié le 14/11/2025 à 14h40

Les histoires d’exil, de déracinement, de tentatives de reconstruire un foyer à partir de rien, de transmission du sentiment de perte et d’injustice sont nombreuses chez les juifs victimes des pogroms dans les pays de l’Est au début du siècle dernier puis de la Shoah, la littérature s’en est très tôt emparée, immortalisant des destins tragiques et poignants. Bien plus rares sont les récits de familles palestiniennes arrachées à leur terre, ballottées de camps de réfugiés en pays en guerre, ou l’inverse. C’est là l’immense mérite du roman de l’écrivaine américano-palestinienne Hala Alyan, les Maisons de sel, qui nous raconte les heurts, bonheurs et malheurs de quatre générations d’une même famille, éclatée à travers le monde de 1963 à l’aube des années 2020, au gré des guerres du Proche-Orient. Le sujet est bien sûr particulièrement bouleversant aujourd’hui, alors que de nombreux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza se retrouvent pris au piège des extrémistes israéliens et palestiniens.

«Alia est une enfant de la guerre»

Cette véritable saga, aussi réaliste que romanesque, prend ses racines à Naplouse, au cœur de la Cisjordanie, en 1963. Elle démarre avec le personnage de Salma que l’on aime aussitôt contrairement à d’autres, plus égoïstes ou renfermés. Originaire de Jaffa, Salma est une mère palestinienne comme elle pourrait être une mère juive, aimante, perpétuellement inquiète pour ses enfants, Alia, Widad et Mustapha, et néanmoins rassurante. L’histoire débute avec le mariage d’Alia, jeune fille gâ

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