Les premières images des Petites Filles modernes ne sont pas des scènes encore, ce sont des visions. A peine ont-elles eu le temps de s’imprimer sur les rétines qu’elles sont à nouveau englouties dans ce noir abyssal dont Joël Pommerat a le secret. Comme des flashs de mémoires traumatiques qui reviendraient par vagues incessantes, mais dont le sens, malgré la répétition, resterait toujours aussi inaccessible. En quelques secondes, la boîte noire du théâtre s’est métamorphosée en boîte à double fond d’illusionniste, puis en boîte crânienne. Quand un troisième clair-obscur s’ouvre, le face-à-face avec un couloir morne où deux adolescentes attendent leur rendez-vous chez le proviseur a des allures d’atterrissage après un aller-retour dans le cosmos. Rapidement écrasé sous la brutalité des invectives de l’une à l’autre prostrée dans le silence, le réveil est douloureux.
Théâtre
«Les Petites Filles modernes» de Joël Pommerat : émerveillement dans les contrées de l’enfance
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Le metteur en scène raconte la jeunesse, ses amitiés, ses amours, et renoue avec les puissances fabuleuses de l’éblouissement, au Théâtre national populaire de Villeurbanne jusqu’au 10 décembre, avant une tournée.
Avec «les Petites Filles modernes», la technique du fondateur de la compagnie Louis Brouillard frôle la magie. (Agathe POMMERAT)
Par
Aïnhoa Jean-Calmettes
Publié le 03/12/2025 à 14h45
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