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Essai

«7, Middagh Street» : havre d’art

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Trois rêveurs et des problèmes de chauffage au début, un lieu couru des plus grands artistes occidentaux quelques mois plus tard... La colocation installée dans une pension de famille new-yorkaise en 1940 reprend vie sous la plume de l’Américaine Sherill Tippins.

La maison du 7, Middagh Street, à Brooklyn Heights. (Archives municipales de New York)
Publié le 03/12/2025 à 17h17

De part et d’autre de l’Atlantique, en 1940, ce n’est pas la même histoire. Pendant que les foyers de la culture européenne s’éteignent l’un après l’autre, un homme de presse new-yorkais, une jeune romancière du Sud des Etats-Unis, un poète anglais et une strip-teaseuse s’installent en colocation dans une ancienne pension de famille, à Brooklyn. L’espace d’une année, d’un automne à l’autre, palpite ici un petit havre artistique au rayonnement impressionnant. L’Américaine Sherill Tippins le reconstruit dans 7, Middagh Street, Brooklyn.

En juin, tandis que les Allemands entrent dans Paris, les critiques s’emballent pour Carson McCullers, 23 ans, qui publie son premier roman, Le cœur est un chasseur solitaire. Elle vient de s’installer à Manhattan avec son mari. Le succès lui tombe dessus. Elle voudrait en profiter pour fréquenter le milieu littéraire, c’est-à-dire rencontrer des gens avec qui elle pourrait parler des livres et des auteurs qu’elle aime. Justement, cet été-là, elle fait la connaissance d’un homme important, George Davis.

Conversation, monologues et bons mots

George Davis, 34 ans, s’occupe de la fiction au Harper’s Bazaar, magazine de mode ultrachic. Il choisit chaque mois une nouvelle, un extrait de roman, publie des textes de

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