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Critique

«A la nage», les voies du baigneur

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Avec une fantaisie toute britannique, l’écrivain et documentariste Roger Deakin a retracé dans ce beau livre sa traversée du Royaume-Uni au fil des eaux, de la «Riviera des Cornouailles» aux sources sauvages.

Saint Michael's Mount, en Cornouailles. (Thang To/Getty Images)
Publié le 12/08/2021 à 9h42

Aimer la nature et l’environnement sans être un donneur de leçons, c’est possible. Le Britannique Roger Deakin le prouve par la douce nonchalance de sa plume. Décédé en 2006, à 57 ans, cet écrivain et documentariste raconte dans A la nage. Journal d’une aventure en eaux libres sa traversée du Royaume-Uni à travers les lacs, les fleuves et la mer. A la narration de son voyage, il ajoute une kyrielle d’historiettes et de pensées sur les îles Scilly, George Orwell, Charles Darwin, l’hydrothérapie, ou la façon dont David Hockney a modifié notre regard sur les piscines. Le résultat relève du nature writing, genre dont on lit plus souvent des témoins américains. Avec un Anglais, les choses se passent autrement. Bien qu’en vadrouille, Roger Deakin ne plaisante pas avec l’heure du thé et informe ses lecteurs du goût de l’eau puisée dans telle ou telle source. Publié dans une collection que dirigeait le regretté Michel Le Bris, Roger Deakin a également raconté ses promenades dans les forêts du monde entier (Wildwood. A travers les forêts du monde, Hoëbeke).

«Petits rideaux chichiteux»

A la fin des années 90, parce qu’il n’est pas au mieux de sa forme, il décide de changer d’air : «Auteur et réalisateur indépendant,

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