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«A l’ombre d’une race» de Clément Fabre : les Chinois dévisagés par l’Occident

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Pour commercer avec l’Empire, les Européens du XIXe siècle ont taché de comprendre ses habitants en scrutant comment leur corps se mouvait dans les gestes du quotidien.

Un brocanteur en Chine, vers 1870. (Patrice Cartier /Bridgeman Images)
Publié le 06/11/2025 à 4h13

«Chine, XIXe siècle» : les Occidentaux débarquent. D’abord sous la forme de marins et de soldats – ceux qui viennent faire les guerres dites «de l’opium» (1839-42 et 1856-60) puis ceux qui viennent réprimer les «Boxeurs» (1900). Mais d’autres aussi : des diplomates, des missionnaires, des médecins, qui jettent sur la société chinoise un regard intéressé : comment comprendre ces Chinois si l’on ne veut pas seulement les combattre, mais les convaincre, les convertir, les soigner ? Pour ces représentants des élites sociales venues de France et de Grande-Bretagne, l’observation est une obsession. Résultat : des archives pleines de témoignages, de rapports, de mémoires, d’articles de journaux, que Clément Fabre a méthodiquement lus. Or une question bizarre sourd de cette masse de documents, question que se posaient alors diplomates, missionnaires et médecins : qu’est-ce qu’un corps chinois ?

Etiquette et rites

La question est bizarre car, dans ce XIXe siècle occidental fasciné par la race, la Chine n’était pas une catégorie d’analyse pertinente. Nul n’imaginait alors sérieusement une «race chinoise». Pourtant, il semblait bien y avoir un «corps chinois» et il était important de le connaître et de le comprendre. Dans leur majorité, les Occidentaux présents en Chine étaient convaincus que les populations chinoises auraient très bien accueilli la présence et le commerce occidentaux sans la mauvaise volonté d’autorités et de notables anxieux de co

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