L’Américaine bell hooks, figure du Black Feminism disparue le 15 décembre 2021 à l’âge de 69 ans, était née Gloria Jean Watkins en 1952 à Hopkinsville (Kentucky) dans le Sud ségrégationniste. Essayiste, poète, autrice pour la jeunesse, elle s’était choisi ce pseudonyme en hommage à son arrière-grand-mère maternelle, Bell Blair Hooks, et tenait à l’usage des minuscules dans l’orthographe de son nom de plume – manière, semble-t-il, de déjouer le culte du «grand écrivain» et d’attirer l’attention sur son travail plus que sur elle. Cela ne l’empêchait pas, autoproclamée «génie», d’avoir une haute opinion d’elle-même, ainsi que le rappelait en hommage la cinéaste et sociologue Amandine Gay à Libération : «Elle savait qu’on ne lui donnerait pas ce statut dans la société dans laquelle elle évoluait.»
Guérisseuse des âmes
Véritable star aux Etats-Unis, bell hooks reste mal connue en France. Parmi la grosse trentaine d’ouvrages de son œuvre, seuls trois avaient pour l’heure été traduits chez nous : Ne suis-je pas une femme ? et De la marge au centre (respectivement en 2015 et 2017, chez Cambourakis), ainsi que




