Si Adam Rapp a un côté très américain, fan de baseball et ancien prétendant à la NBA, c’est sans doute chez lui pour détendre une sensibilité à fleur de peau. Ecrire et faire des paniers comme une méditation à deux niveaux. Dramaturge et romancier, il dit le plaisir de voir son premier livre traduit en français. A la table des loups traverse soixante ans d’une histoire familiale, celle des Larkin et ses six frères et sœurs, explore la folie et les germes de la violence, celle qui hante les Etats-Unis et incarnée par le serial killer.
La première idée du livre est-elle cette boîte reçue de votre tante Roberta ?
Je cherchais à l’époque des informations sur les tueurs en série, et j’ai trouvé dans cette boîte le badge plastifié du Stateville Correctional Center, une prison hautement sécurisée où ma mère travaillait. J’ai tout de suite compris qu’elle était l’infirmière présente à la prison quand John Wayne Gacy [célèbre tueur en série, dit le «clown tueur», ndlr] a été exécuté en 1994. Ma mère est décédée en 1997, elle était donc infirmière, l’aînée de 13 enfants, catholique, naïve à certains égards. Elle n’a jamais dit à ma sœur, à mon frère ou à moi qu’elle avait entretenu une telle proximité avec John Wayne Gacy. Elle a aussi côtoyé le tueur de masse Richard Speck et elle était amie avec l’une des infirmières assassinées. De son vivant, elle ne nous a jamais dit qu’elle travaillait dans le couloir de la mort.
Pourquoi ?
Pour nous protéger. Elle




