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«Ady», une muse noire dans l’épopée surréaliste

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De 1937 à 1940, la danseuse antillaise rencontrée au Bal colonial à Paris a été la compagne et modèle de Man Ray. Gisèle Pineau la met en lumière dans une biographie romancée.

Man Ray et Ady Fidelin, à Mougins, au cours de l’été 1937. (Lee Miller/© Lee Miller Archives, England 2021. All rights reserved. leemiller.co.uk)
Publié le 03/02/2021 à 20h07

La photo est très connue des amateurs de l’époque surréaliste : un déjeuner sur l’herbe, à Mougins, sur la Côte d’Azur en 1937. Il y a là Paul Eluard, sa femme Nusch, le peintre anglais Roland Penrose, le photographe Man Ray, et sa compagne d’alors, Adrienne Fidelin, 22 ans. Les deux femmes sont seins nus, les hommes en tenue de ville. Picasso est hors champ, peut-être a-t-il lui aussi enlevé le haut, en short, à son habitude ? Combien de personnes se sont demandé des décennies durant : mais qui est cette femme au teint café au lait et au sourire renversant ?

Pendant longtemps, Adrienne Fidelin, dite «Ady», fut occultée par les deux muses poids lourds de Man Ray : Kiki de Montparnasse et la blonde Lee Miller, inventrice avec Man Ray du rayogramme et plus tard reporter de guerre. Aujour­d’hui, Ady est sortie de l’invisibilité, et celle qui fut la compagne et l’inspiratrice du grand photographe et peintre américain pendant cinq ans, a tenu une belle place dans l’exposition du musée d’Orsay de 2019 «Le modèle noir». Des universitaires américaines s’intéressent à son cas et, en 2007, dans le New York Times, un article titré «Yo Adrienne» rappelait qu’elle fut la première mannequin de couleur présente dans un magazine de mode américain, avec une photo de Man Ray en 1937 pour le Harper’s Bazaar.

«Un cadeau»

La romancière antillaise Gisèle Pineau a croisé Ady grâce à l’Autobiographiede Man Ray, qui raconte comment il avait rencontré la jeune danseuse guadeloupéenne en 1934 a

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