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«After London», de Richard Jefferies : détruire Londres, veut-il

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L’écrivain victorien a imaginé la destruction de la capitale anglaise et le retour de la barbarie, dans un roman post-apo et déjà sensible aux dégâts de l’anthropocène.

Dans la première partie du livre, Richard Jefferies (1848-1887) s’amuse à imaginer Londres vouée à la destruction et à son ensauvagement (Hulton Archive/Getty Images)
Publié aujourd'hui à 17h11

La semaine dernière en Mardi SF, Londres était encore en ruines bien après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et occupée par les nazis. Il est encore question de Londres dans After London (1885), du romancier britannique oublié Richard Jefferies (1848-1887). Ce n’est pas une première traduction : le livre était paru en 1992 chez l’éditeur lillois Miroirs, sous le titre Londres engloutie. Evelyne Chatelain a révisé ici sa première traduction, impeccablement fluide, publiée par A la flamme, petite maison née en 2025 qui souhaite proposer «des récits insolites et singuliers, pour entretenir la flamme d’un lectorat curieux». After London ne doit pas déparer dans leur catalogue : une curiosité post-apocalyptique, gentiment abâtardie par une suite moyenâgeuse qui la mue en roman d’aventures et d’apprentissage.

Un bestiaire d’animaux devenus sauvages

Dans un premier et très beau chapitre, on sent Jefferies s’amuser à imaginer Londres vouée à la destruction et à son ensauvagement (il le fait aussi dans deux fragments inédits publiés en fin de volume). C’était sans doute, pour cet amoureux de la campagne, une manière de montrer sa détestation de la modernité urbaine. Qu’est-il ar

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