Il ne faut pas s’indigner trop vite, à la lecture d’Amour fou, le cinquième roman (après le Bon fils en 2016 et Etat d’ivresse en 2019) de Denis Michelis. Des choses horribles s’y produisent et des opinions scandaleuses y sont proférées, mais on doit démêler le sensé, la folie et l’humour. Barnabé, le personnage principal, a fui l’hôpital psychiatrique qui lui a évité la prison pour retourner chez ses parents sans respecter son «traitement» médicamenteux. «Dans sa tête, les pensées s’agitent, s’affolent, se cognent aux parois comme des insectes apeurés.» Malgré ses pauvres vies matérielle et spirituelle, le jeune homme vit dans le faste : «C’est quand même le luxe d’avoir une Voix dans la tête qui sait exactement ce que vous voulez quand vous le voulez.» La paranoïa est un de ses symptômes et il soupçonne sa mère, cuisinière émérite (ah, son gratin dauphinois) qui l’appelle «Trésor», de mettre on ne sait quoi dans les petits plats et les grands. Quant au père, psy réputé de la région, il donne une sale idée de la profession (mais son fils n’est pas l’impartialité même). «Raconte jamais ça à un psy, sinon on finira avec une muselière derrière les barreaux», dit la Voix à Barnabé. «Oh, ne
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«Amour fou» de Denis Michelis, l’affaire du gratin dauphinois
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Un parano, une mère cordon bleu et une enquête policière dans «Amour fou».
Denis Michelis, le 20 janvier, à Paris. (Iorgis Matyassy/Libération)
Publié le 26/01/2024 à 11h33
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