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Roman

«Amours manquées» de Susie Boyt : lignée de cœur

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Dans «Amours manquées», le duo fragile d’un bébé et de sa grand-mère qui tente de conserver des liens avec sa fille toxicomane.

Susie Boyt, en 2017. (Charlie Hopkinson)
Publié le 21/09/2024 à 5h02

Dans ce splendide roman britannique, l’humain est étudié de pied en cap, depuis l’état de nourrisson jusqu’au troisième âge. Les femmes y sont plus présentes que les hommes. Mais les mères, même quand elles sont là, ne donnent pas toujours le meilleur d’elles-mêmes à leur fille. Le titre, Amours manquées, évoque, non pas des relations amoureuses, mais des mères qui passent à côté de leur fille. L’histoire se passe à Londres. Ruth, la narratrice de tous les chapitres sauf du dernier, est professeure. Elle est la mère d’Eleanor, qu’elle a élevée seule. Le père d’Eleanor les «gratifiait» de sa présence une heure par semaine. On ignore pourquoi, mais Eleanor va très mal. Qui est responsable de ce mal-être ? La cause d’ailleurs en revient-elle à quelqu’un en particulier ? Cette incertitude constitue l’essence du genre romanesque ainsi que l’une des qualités de ce livre qui en fourmille.

Ruth a un génie maternel

Eleanor est toxicomane et ne voit quasiment jamais Ruth, qui, elle, essaie sans relâche et délicatement de conserver des liens avec sa fille et de la protéger comme elle le peut. Si bien que lorsque Eleanor met au monde une fille à son tour, avec un homme qui disparaît très vite, Ruth propose de s’occuper de l’enfant, Lily. La façon dont les parents acceptent cette offre est déconcertante : Lily glisse des bras de ses parents à ceux de sa grand-mère. Rien n’est appuyé dans Amours manquées, rien n’est violent, la colère n’éclate pas, personne ne crie alors que les personnages so

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