C’est le roman d’une année, 1966 étant l’héroïne. «1966, annus mirabilis» était le thème de son cours de 2011 au Collège de France, Antoine Compagnon écrivait alors en parallèle la Classe de rhéto (Gallimard, 2012), inspiré de son adolescence au lycée militaire. 1966, année mirifique paraît cette semaine chez Gallimard, dans la collection «La bibliothèque des histoires» créée par Pierre Nora en… 1966 (et à qui il dédie cet essai). De 1968, on connaît l’importance. Mais de 1966 ? Une année bascule dans l’histoire de la France contemporaine, estime le professeur émérite au Collège de France et professeur à Columbia. Sur tous les plans, politique, démographique, culturel. C’est le sommet des Trente Glorieuses, l’entrée de la France dans la grande consommation, avec le transistor, la mobylette, le briquet et le porte-clé, la minijupe ou encore la France des avancées sociétales avec la première proposition de loi Neuwirth sur la libéralisation de la contraception. Suite du panorama avec Antoine Compagnon.
Pourquoi 1966 ?
C‘était une année importante pour moi. Avant j’habitais aux Etats-Unis, et 1966 a été l’année du retour en France. J’avais 15-16 ans, période de passage à l’âge adulte, d’éveil et de découvertes. En 66, j’ai lu les Choses de Perec. Je suis allé voir Masculin Féminin de Godard et la Religieuse de Jacques Rivette quand l’interdiction a été levée. Bon, je n’ai pas lu Foucault ou Barthes à ce moment-là, c’était un peu tôt. Je m




