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«Appendice» au «Bruit et la Fureur» de William Faulkner : généalogie de l’immoral

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La nouvelle traduction du classique américain s’accompagne d’un texte dans lequel l’auteur américain brouille la frontière entre la fiction et la réalité.

William Faulkner a remporté le prix Nobel de littérature en 1949. (Historical/Corbis. Getty Images)
Publié le 21/11/2025 à 15h56

«Le Bruit et la Fureur est introuvable, même dans les librairies d’occasion», écrit Malcolm Cowley en 1946. Le succès de Sanctuaire, en 1931, est loin, et il faudra encore attendre quatre ans pour que Faulkner reçoive le prix Nobel. Le critique souhaite réaliser The Portable Faulkner, c’est-à-dire une anthologie en poche de l’écrivain (The Portable Hemingway est paru en 1944). Faulkner lui apporte en définitive son aide – c’est extrêmement difficile de choisir un passage du Bruit et la Fureur qui tienne debout tout seul – et rédige surtout un Appendice Compson qu’on peut lire à la suite de cette édition, ici titré les Compson (1699-1945). C’est un texte d’une vingtaine de pages apportant des précisions généalogiques et biographiques sur les personnages, et, comme son nom l’indique, particulièrement les Compson. Cette famille composa avec les Sartoris une espèce d’aristocratie du Sud faulknérien du XIXe siècle dont l’arrivée des vils Snopes, dans la trilogie le Hameau-la Ville-le Domaine, va précipiter la déchéance.

Ce faisant, Faulkner apporte également des contradictions et ne s’en soucie guère. «Les contradictions qu’on trouvera dans l’Appendice prouvent que pour moi le livre est toujours vivant après q

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