Une bonne fiction vaut mieux que n’importe quel essai théorique pour comprendre le monde. On le savait déjà mais Aqua de Gaspard Koenig vient nous le rappeler avec justesse en ce début d’année 2026 où le futur semble n’être qu’une succession de problèmes insolubles. Après la terre et le succès de Humus (2023), où l’écrivain se demandait si les lombrics pouvaient sauver la planète, le quadragénaire s’intéresse à un autre élément essentiel à notre survie : l’eau. «La voilà qui se fracasse contre le sol à pleine vitesse. Tout au long de sa chute, secouée et tremblante comme un pilote en piqué, elle est parvenue à conserver sa forme sphérique, débute ainsi le roman lyrique. Ce n’est pas une larme, car le ciel ne pleure pas. C’est une balle lancée à l’attaque de la terre.»
Retournant dans le petit bourg de Normandie où se déroulait déjà Humus, Gaspard Koenig construit un récit en partie parallèle à sa première histoire. Tandis que sont évoquées en fond les histoires d’Arthur se radicalisant dans sa ferme avec ses vers de terre, le village de Saint-Firmin au bord de la rivière Maline est confronté à un dilemme : que faire de sa gestion de l’eau ? Se rattacher à la communa




