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Débutons par le parallèle : le dernier recueil d’Arthur Billerey, les Pédoncules élémentaires, aux éditions de la Rumeur libre, sonne, par son titre, comme un clin d’œil au roman de Michel Houellebecq, les Particules élémentaires. Il est irrigué par ailleurs par une langue rationnelle, qui emprunte à la science (astro)physique son vocabulaire et sa démarche.
Mais la poésie érudite du jeune récipiendaire du prix Rimbaud pour son précédent ouvrage, la Ruée vers l’ombre, dépasse la froideur scientifique pour mettre en lumière les liens sensibles (amoureux, humains, animaux, écologiques, atomiques, cosmiques…) qui unissent toute chose (un corps et une supernova prêts à exploser, le battement des artères et celui des atomes). Morceaux choisis : «voilà pourquoi après une tempête /après que les fleurs de pissenlit /ont flotté sur le fleuve tranquille /elles se replantent plus bas à la berge» ou encore «l’eau tourne en rond et une larme /revient chaque lundi remplir le Graal /que je tiens que tu tiens entre tes mains /pour boire sans penser à demain».




