Dix ans se sont écoulés depuis la dernière édition du séminaire annuel de Lacan, le Désir et son interprétation, le seul paru aux éditions la Martinière. Plus de quarante ans depuis la disparition du psychanalyste le 9 septembre 1981. Le retour de Lacan après tout ce temps et chez son éditeur d’origine, Le Seuil, se signale par la Logique du fantasme, datant de 1966-1967, 14e du nom sur les 25 dispensés de 1953 à 1980. Grand ordonnateur de ce chantier encore inachevé, Jacques-Alain Miller, gendre de Jacques Lacan et président de l’Association mondiale de psychanalyse (AMP), en explique la portée et son actualité.
Comment a commencé la publication des séminaires ?
Lacan s’était toujours refusé à les publier. Ceux de ses élèves qui avaient tenté de les mettre en forme résumaient les leçons et les truffaient parfois de leurs propres élucubrations. J’ai dit à Lacan, qui m’interrogeait à ce propos : Oh, il faudrait tout garder, redresser la dactylographie phrase par phrase, mot par mot, et ne rien ajouter, sinon mettre des titres, distinguer des parties, épingler des exergues. Lacan a eu alors une vraie parole d’analyste, qui m’a piqué au vif : «Prouvez-le !» J’ai choisi de transcrire le 11e séminaire, le premier que j’avais suivi, les Quatre Concepts fondam




