Les familles des écrivains, d’habitude, ce sont leurs parents, souvent présents dans leurs œuvres et pas toujours pour le meilleur. Mais il y a aussi des fratries. Jane Austen, née il y aura pile 250 ans ce 16 décembre et morte à 41 ans en 1817, avait sept frères et sœurs, et surtout Cassandra, née en 1793 et qui, comme elle, restera célibataire. Les lettres de Jane traduites disent leur affection. Elle y apparaît comme un personnage d’un roman (sans intrigue, cependant) de Jane Austen ayant au naturel le style de Jane Austen, ce «style enjoué et caustique» qu’elle définit comme celui d’Orgueil et préjugés, «mon enfant chéri», dans une des rares lettres évoquant ses livres parus anonymement. Sinon, il est question de robes et de chapeaux, de bals et de ragots, ces «bagatelles […] de la plus haute importance». Règne une certaine malveillance. «Saisis-toi des ciseaux dès réception de ce billet. Ma seule crainte est que tu arrives trop tard pour ma sécurité», plaisante Jane dès 1798 et, de fait, Cassandra usera des ciseaux après la mort de sa cadette afin que sa correspondance n’en donne pas une image pas dans l’air du temps, ainsi qu’on le voit dans la série Miss Austen d’Arte.
Jane est moqueuse. A telles femmes, elle a témoigné




