Voilà bientôt dix ans que nous étions sans nouvelles d’Eleanor Catton, remarquée pour son premier roman publié à 22 ans, la Répétition (Denoël, 2011), et devenue, à 28, la plus jeune lauréate du Booker Prize pour les Luminaires (Buchet-Chastel, 2015) – lequel se trouvait être aussi, avec près de 1000 pages, le plus long texte jamais récompensé par le prix de littérature anglophone. Depuis lors, la Néo-Zélandaise (installée à Cambridge avec mari et enfant, aujourd’hui 38 ans) a écrit l’adaptation du best-seller pour la télévision (The Luminaries), scénarisé une nouvelle version d’Emma de Jane Austen sur grand écran et peiné à se remettre à l’écriture, un peu dépassée par la situation et son nouveau statut d’ambassadrice kiwi. En cause en particulier, une polémique liée à une sortie au festival de littérature de Jaïpur en 2015 où l’autrice avait estimé les politiciens du gouvernement néo-zélandais «néolibéraux, obsédés par le profit, extrêmement superficiels et avides d’argent» et essuyé dans la foulée l’ire nationale, jusqu’au Premier ministre de centre droit de l’époque, John Key, lui conseillant de rester à l’écart de la politique et de s’en tenir à la fiction.
«Vrai méchant» james-bondesque
Le pavé dans nos mains signe le come-back d’Eleanor Catton et montre qu’elle n’a surtout pas écouté la leçon. Qualif




