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«On l’a vu se racornir /au fond de son lit /lentement /lentement /jusqu’à n’être plus /qu’une petite chose.» La fonte des glaces du globe occupe Bruno Doucey, dans son dernier recueil, Glaciers. Après les déserts, à propos desquels il a dirigé «une somme à caractère encyclopédique» il y a presque vingt ans chez Robert Laffont, voilà le poète et éditeur, attaché à mettre en poésie la cryosphère, une façon de se mobiliser pour sa préservation à l’heure de leur disparition à marche forcée.
L’ouvrage, composé de poèmes en vers libres et de calligrammes, typographiés par Esther Szac, est en son milieu coupé par le journal fictif d’une glaciologue en expédition en Antarctique. Certains des textes font évidemment référence à une actualité brûlante (la catastrophe de Blatten au printemps en Suisse par exemple) quand d’autres prennent le parti de la langue, c’est-à-dire visent à rendre compte par les mots de la vie (et mort) bruyante, ruisselante, change




