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Autobiographie

«Ce qui luit dans les ténèbres» : l’art de la mémoire de Péter Nádas

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La colossale autobiographie de l’auteur hongrois, à l’ombre du fascisme et du communisme.

En février 1945, des soldats de l’Armée rouge à Budapest. (Akg Images)
Publié le 19/12/2025 à 15h40

De son grand-père Tauber, artisan bijoutier, père de sa mère, Péter Nádas a conservé la loupe Rodenstock. Il saute sur ses genoux au début de Ce qui luit dans les ténèbres, autobiographie colossale couronnée d’un prix Médicis cet automne. Il le revoit, méditatif, allongé dans l’herbe au bord du Danube. «Cinquante ans avaient passé lorsque je m’aperçus que j’aimais moi aussi, depuis un certain temps, m’allonger sur le dos en plein air.» Le frère du romancier a hérité, côté paternel, d’un lustre baroque et d’appliques qui venaient d’une arrière-grand-mère viennoise, et avaient transité par la chambre d’une sœur de leur père, Magda. A la fin des années 50, dans cette chambre ainsi éclairée, au pied du lit de la tante Magda devenue leur tutrice, le jeune Péter Nádas, alors apprenti-photographe, s’installe la nuit pour discuter.

Il se rappelle «le siège», mot qu’il préfère à celui de guerre pour désigner l’expérience de la destruction qui fonde sa vision originelle du monde. Le siège dure de décembre 1944 à février 1945. Les Soviétiques encerclent Budapest où sévissent les Allemands et le parti au pouvoir, les Croix fléchées. Règnent la faim et «un

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