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Disparition

Cees Nooteboom, fin de voyage

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L’écrivain néerlandais, auteur de «Rituels», s’est éteint le 11 février à Minorque, son havre d’été.

Cees Nooteboom, amoureux des voyages, vivait la moitié de l'année à Minorque et le reste entre Amsterdam et l'Allemagne. (opale.photo)
Publié le 12/02/2026 à 20h52

«Je suis arrivé au terme de mes vagabondages, écrit Cees Nooteboom en introduction à Tumbas, «tombes de poètes et de penseurs», sur des photographies de sa femme, Simone Sassen. Des années de cimetières, d’allées gravillonnées. […] J’aurais pu continuer jusqu’à ma propre mort, pour finir par tirer ma pierre tombale au-dessus de ma tête. Les morts reposent là et attendent. Je leur ai rendu visite, je les ai salués, mais surtout je les ai relus.» L’écrivain néerlandais a rejoint ses pairs, les auteurs qui ont accompagné sa vie et peuplé son œuvre. Il est mort le 11 février à Minorque, île qu’il regagnait chaque année à la belle saison depuis les années 60, après avoir passé l’hiver en Allemagne. Il avait 92 ans.

Voyageur et romancier précoce, Cees Nooteboom est parti un beau jour en auto-stop depuis la frontière belge, «et, à vrai dire, je n’ai plus jamais cessé» (Hôtel nomade, 2003). Son premier roman naît de ce parcours européen originel, Philippe et les autres. Il a 22 ans, cultive une fantaisie romantique qu’on ne retrouvera plus dans les fictions suivantes. Le Chevalier est mort, puis, presque vingt ans plus tard Rituels et le Chant de l’être et du paraître sont des romans qui remettent en question le genre lui-même, sans que Nooteboom renonce jamais à être romancier. S’il fallait retenir un seul titre de cette partie de son abondante bibliographie, ce serait

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