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«Cepa criptik, j écris pour persone» : Lucía Etchart, une langue déroutante tout droit venue d’Uruguay

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Dans son premier recueil, «Burro Cacao», l’écrivaine uruguayenne poursuit son travail de réappropriation du français, une langue queer définitivement poétique.

Lucía Etchart. (DR)
Publié le 26/01/2026 à 20h08

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A sa lecture, toute âme un chouïa conservatrice aura forcément mal aux yeux. Le deuxième ouvrage de Lucía Etchart, Burro Cacao – le nom italien du baume à lèvres sans aucun rapport avec le propos –, aux éditions des Petits matins, s’inscrit dans la suite logique d’un travail de déconstruction de la langue, ouvert avec son roman Tupamadre (éditions Terrasses).

Dans ce recueil, qui mêle poèmes en vers libres et proses, l’orthographe est malmenée pour former un français «réapproprié» par l’autrice qui en a en partie hérité de ses parents exilés de la dictature. Ainsi, le lecteur ne rencontrera ni apostrophe, une ponctuation quasi inexistante, aucun respect des conjugaisons et des accords en genre ou en nombre, ou encore, une accentuation chaotique.

Non, il est juste embarqué par le flot déroutant d’une langue oralisante, quasi phonétique (mais pas totalement) et sud-américanisée, teintée tantôt d’argot et d’humour, tantôt de vers coups de poing dans l’estomac. Exemple : «Que la vérité/ Leur seche le corps autant/ que leurs ames/ seches/ K on les écrase entres les doigts/ K on snife la poudre/ K on dise viva Maradona/ Amen». Cette poésie brute et bizarre, donc totalement queer parce qu’elle fait sauter les conventions et les normes, est une sorte d’insurrection totale. Litté

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