Né en 1920 d’un père américain et d’une mère allemande, Charles Bukowski, qui fut entre autres pompiste, peintre en bâtiment, gardien de parking et longtemps employé des postes avant de connaître la célébrité sur le tard en racontant la souillure comme personne, était un écrivain du corps, des pustules, des ulcères, des fluides, de la sueur, du sperme et du sang. Il sortait sa bite en public et vantait la splendeur de ses couilles à qui voulait l’entendre. Il vomissait avant d’aller lire sur scène et chiait sur ces «femmelettes» de William Burroughs et d’Allen Ginsberg. Bukowski était un auteur organique, cru et cuit, cuites et cul, mais que cachait son cœur ? Ecoutons-le en parler dans un poème tardif, en 1991, «l’Oiseau bleu», quelques pages avant la fin de ce recueil où il s’agit d’amour : «il y a dans mon cœur un oiseau bleu qui/ voudrait sortir/ mais je suis un dur,/ je lui dis : reste là-dedans,/ il manquerait plus/ que quelqu’un te/ voie.» A la troisième strophe, le petit oiseau ne sort pas davantage : «tu veux bousiller mon/ travail ?/ tu veux flinguer mes ventes de livres en/ Europe ?»
Poésie
Charles Bukowski, mâle au cœur
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L’auteur culte des «Mémoires d’un vieux dégueulasse» a écrit des poèmes d’amour, réunis aujourd’hui dans un volume. Ils dévoilent un autre visage que celui d’obsédé sexuel et d’alcoolique notoire qui fit scandale chez Pivot.
Charles Bukowski et sa dernière compagne et épouse Linda Lee, en 1986, à Los Angeles. (Thomas Hoepker/Magnum Photos)
Publié le 25/02/2022 à 19h55
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