On aurait presque pitié du loup. L’Affaire des trois petits cochons (ingrats) donne déjà une idée, par son titre, de ce que ceux-ci ne sont pas très reconnaissants. Reprenons : à l’origine, les Trois Petits Cochons imagine que pour se défendre du vilain méchant loup, le premier se construit une maison de paille vite fait, le deuxième une en bois un peu moins mais vite fait quand même. Toutes les deux vont être détruites d’un coup par le loup simplement en leur soufflant dessus. Celle du troisième petit cochon, en briques, va résister. L’album de Marie-Sabine Roger et Marjolaine Leray revisite ce conte classique de la jeunesse après le Vilain Petit Canard (devenu le Vilain Petit Machin, 2023) ou la Chèvre de Monsieur Seguin (devenu l’Affaire méchant loup, 2019). Le texte a le ton de la fable avec de l’humour («Les intentions les plus louables /Sont parfois mal interprétées : /Inutile d’aider les autres malgré eux. /A vouloir se montrer serviable, /Trop gentil ou trop généreux, /On s’expose à de gros ennuis.») Les dessins au fusain essentiellement en noir et rose sont splendides.
Leur loup a beau avoir de grandes dents, il paraît ici fort sympathique. Maçon de son état, il veut aider les trois petits cochons étalés au soleil dans le pré, le groin dans les coquelicots. Les trois paresseux eux ne comprennent pas l’insistance du loup, de «cet intrus qui venait piétiner leur persil». O




