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Roman

«Chiens» de Julien Viteau : plage blanche

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Un adolescent précoce au Touquet en 1985, premier roman.

La plage de Touquet (Pas-de-Calais). (Getty Images)
Publié le 16/01/2026 à 14h15

Les Chiens sont lâchés. Dans ce premier roman de Julien Viteau, deux bêtes imaginaires accompagnent «en son for intérieur» le personnage principal, un adolescent précoce. Argos, comme celui d’Ulysse, est le nom du premier canidé, un Grec donc : «il raffolait des mythes. Il en inventait de nouveaux pour justifier une conduite erratique. Il allait au-devant de la mort (qui était son but)». Keleb est le second. Il est juif et son nom est tiré de l’hébreu : «il cherchait dans les livres de quoi résoudre une énigme. Il attendait un verdict qui ne venait pas. Il s’enfonçait dans une profondeur (qui était sa direction)». Ces chiens sont donc là, aux aguets, donneurs de conseils, conscience à deux têtes, en périphérie de l’histoire : soit quatre mois dans la vie d’un garçon dont on saura le prénom très tard : il s’appelle Julien, est né comme l’auteur en 1970. En attendant, le voilà présenté par la mère, le père, la fratrie et les élèves de son établissement scolaire. Il est «surdoué», «menteur», une «mouche du coche», «un bouffon». Tout cela n’est pas particulièrement bienveillant, à part le «surdoué» de la mère, elle-même abonnée à «36-15 soumise». Mais le garçon est lucide : «les noms ne parlaient pas de moi. Seulement de ce que j’avais, le phénomène». Ce dernier mot va revenir au long du livre, écrit en gras, comme quelque 300 autres.

«Phénomène», le mot est plus cosmique que «précocité». Il est aussi légèrement inquiétant e

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