Qu’est-ce que le temps ? Sempiternelle question depuis Aristote, à laquelle Christophe Bouton, professeur de philosophie à l’université Bordeaux-Montaigne, amène aujourd’hui une contribution d’importance. Auteur d’une thèse sur Temps et esprit dans la philosophie de Hegel (Vrin, 2000), il a élargi son domaine de recherche à la question du temps dans la philosophie contemporaine, et a notamment publié l’Accélération de l’histoire (Seuil, 2022). Sur les traces du temps se lit comme une enquête qui englobe les récents apports de la philosophie et des sciences de la nature, et propose de revisiter le temps, de nouveaux concepts à l’appui. Entretien.
Depuis quand vous intéressez-vous à la question du temps ?
J’ai été marqué par la lecture de la Recherche du temps perdu de Proust. Et quand j’ai commencé la philosophie, la notion m’a plu parce qu’elle est à la fois quotidienne, surtout dans nos sociétés occidentales où elle est omniprésente, et elle est très dure à définir. Le «temps», juste cinq lettres, apparemment très simple, mais source incroyable de paradoxes.
Pourquoi en est-on encore au XXIe siècle à se demander ce qu’est le temps ?
Il y a d’abord deux hypothèses. La première : le temps est indéfinissable mais on peut l’utiliser dans la vie quotidienne, c’est un peu ce que dit Pascal. La deuxième, que j’essaye plutôt de suivre : la question du temps est liée à la physique. Et comme l’histoire de la physique a évolué, la qu




