Début des années 2000. Dans une petite librairie d’occasion à New York, je trouve un Corti non coupé, Augias et autres infamies, d’un auteur que je ne connais pas : Claude Louis-Combet. La couverture de Beksinski représente une géante fantomatique qui semble s’enfanter elle-même en sorcière. Je lis au hasard quelques phrases, souples et drues comme le poil d’une tapisserie, avec d’étranges trouées d’angoisse. Il est question de folie, de mystique et de sexe, de personnages aux prises avec leur obscénité. Aucun folklore, mais une écriture ouvrant sur une inquiétante intimité. Un monde qui n’est pas anarchique mais répond à d’autres lois, bien moins confortables que nos systèmes conscients et moralisateurs.
Michaux hybridé de Lautréamont
Après Augias, je me procure tout ce que je trouve de lui. Entre autres, Infernaux paluds son premier roman. Blanc, récit autobiographique marqué par la spiritualité du vide. Son chef-d’œuvre, Blesse, ronce noire, sur Georg Trakl l’incestueux et sa sœur. Marinus et Marina sur une vierge travestie en moine et devenue sainte. L’Age de Rose sur Rose de Lima, première sainte du Nouveau Monde. Toute une lignée, jusqu’à plus récemment son aérienne




