Menu
Libération
Pourquoi ça marche

«Comment naît le fascisme» : Gramsci for ever

Réservé aux abonnés

Un prêt à penser du philosophe communiste italien, né en 1891, pour lutter au présent.

Antonio Gramsci au début des années 1920. (Francesco Acerbis/Divergence)
Publié le 13/12/2025 à 11h18

Une botte menaçante écrase le rouge de la couverture, un titre choc : Comment naît le fascisme. Ce court fascicule est une recompilation d’articles d’Antonio Gramsci, philosophe, homme politique et révolutionnaire italien. Né en 1891 en Sardaigne, l’étudiant s’engage au Parti socialiste en 1913 à Turin où il va côtoyer Mussolini. Il rejoint le quotidien du parti, l’Avanti !, puis l’hebdomadaire Il Grido del popolo («Le cri du peuple») et crée en 1919 l’Ordine nuovo. L’intellectuel va aussi cofonder le Parti communiste italien. Après la marche sur Rome, un mandat d’arrêt est lancé contre lui alors qu’il se trouve à l’étranger, mais il revient au pays après les législatives d’avril 1924, protégé par son immunité parlementaire. Le 8 novembre 1926, Gramsci est arrêté, condamné à vingt ans de prison. Libéré en 1933 pour être hospitalisé, il meurt quatre ans plus tard.

Le recueil rassemble des extraits de dix de ses articles publiés entre le 20 novembre 1920 et le 1er novembre 1924, une période cruciale en Italie. A deux années rouges, 1919-1920, intenses en luttes sociales, ont succédé deux années noires, 1921-1922, de violences exercées par les chemises noires. Elles mèneront Mussolini au pouvoir en octobre 1922. Gramsci est un observateur aigu des jeux de forces politiques en cours, du culte du chef aux compromissions de l’Etat et de la petite bourgeoisie. Selon la préfacière Marie-Anne Matard-Bonucci, historienne spécialiste du fascisme, Grams

Dans la même rubrique